LA question

« Non, je ne veux pas y aller à cette soirée ! Il va y avoir plein de monde que je ne connais pas et on va encore me poser LA question. Non non je t’assure ce soir je reste à la maison, j’ai déjà mal à la tête, si on me la pose, ça ne va pas arranger les choses. Oui, vas-y toi, tu sais quoi leur répondre. »

Vous voyez de quoi je parle ? C’est LA question qui finit toujours par arriver quand vous discutez avec un inconnu dans une soirée. THE question : « et sinon, tu fais quoi dans la vie ? »

 

Franchement, qui a inventé cette question débile ?

« Et sinon, tu fais quoi dans la vie ? »

Je l’ai toujours trouvé un peu réductrice cette question. Moi, j’ai envie de répondre : « Bien tu vois le matin, je me réveille, petit déj’ en famille, tout ça tout ça, j’accompagne mes enfants à l’école, après je vais au boulot. En vélo, quand fait beau. J’aime bien… En fait, même l’hiver, j’aime bien. Parfois, il y a de la brume sur les champs, c’est joli. Le mardi, je fais de la danse africaine mais là je vais essayer la zumba pour voir. Enfin, ça c’est la plupart du temps, parce que parfois c’est différent … »

Là, deux possibilités : soit votre interlocuteur s’est échappé en faisant des petits pas de moonwalk vers l’arrière, soit il est toujours là et vous regarde en mode WTF, c’est quoi cette folle ?! II insiste : « Non mais euh… je veux dire comme boulot ? » « Ah comme boulot ! (air faussement étonné)» « Bien oui, c’est quand même là où l’on passe le plus de temps  (mais elle est conne ou quoi?) » « Ah non mais je ne savais pas que tu parlais en quantitatif ! J’étais en qualitatif moi ! Bon après ce qui me prend le plus de temps c’est dormir mais bon, admettons… »

 

Son métier et sa vie, c’est pas la même chose, on est d’accord ?

Bon, OK, tout le monde sait que quand on te demande « Et sinon, tu fais quoi dans la vie ? ». Tu dois répondre : un métier. C’est la règle. Si tu réponds un vrai métier (boulanger, instit …), la conversation peut continuer. Ah et se lever tôt, tu y arrives ? Les élèves, pas trop durs ? Les gens ont suffisamment de clichés sur ton boulot pour nourrir une conversation. Si tu as un job à la con, en général tu es tranquille. Quand tu réponds : « je suis regional logistics analyst », l’autre se dit juste que ça doit être chiant et change de sujet.

En fait, ce qui m’ennuie avec cette question, c’est « dans la vie ». En gros, on te demande de réduire ta vie à ton boulot. Ceci dit, tout bien réfléchi, la partie « sinon, qu’est ce que tu fais », je n’aime pas trop non plus. Dans cette société où tout tourne autour de la performance, on n’a que ce verbe là à la bouche : FAIRE : faire des études, faire un travail, faire du sport …  Moi, j’aimerais bien qu’on utilise un peu moins le verbe FAIRE et un peu plus le verbe ETRE ou AIMER, ce serait sympa.

Après, j’admets que si tu poses la question en soirée : « Qui es-tu ? Qu’aimes-tu ? », tu passes un peu pour un illuminé !

 

Tu fais quoi dans la vie ? Aaarg, je réponds quoi, moi ?!

Bon, j’avoue tout, mon vrai problème avec cette question, c’est que je ne sais plus quoi répondre.

Avant c’était simple, j’avais un boulot (et un seul) plutôt compréhensible pour la plupart des gens dans une entreprise qui fabriquait des tramways et ça pareil, les gens visualisent bien ce que c’est en général. Bref pif paf pouf, mon métier, c’est ça, et hop, ça enchaîne : « et alors, ce n’est pas trop dur l’industrie quand on est une femme ? »

Maintenant, c’est une autre paire de manches vu que mes activités principales sont : ce blog, me former dans le web et dans plein d’autres domaines, donner des cours de temps en temps et accessoirement, chercher des solutions pour faire uniquement ce que j’aime et en vivre. Et là, je ne vous parle que de l’aspect pro de ma vie …

Autant dire qu’il n’y a pas de code APE pour ça et que ça ne fait pas une réponse appropriée à la question : « Et sinon, tu fais quoi dans la vie ? ». Je rappelle :  réponse attendue = 1 métier (si possible intelligible), tu as 30 secondes.

 

Mais le pire dans tout ça …

Comme je n’aime pas mentir mais que ce n’est pas poli de ne pas répondre, j’ai commencé à appréhender le moment où, en soirée, l’on finirait par me poser LA question. Elle me semblait inévitable.

Personnellement, quand je rencontre quelqu’un que je ne connais pas, ça m’intéresse d’en savoir plus, ce qu’il aime, ses loisirs, s’il a des enfants, ce qu’il cuisine, son point de vue sur tel sujet … Je ne suis pas une grande bavarde mais j’ai bien écouter les gens. Quel intérêt de passer un moment avec des inconnus si ce n’est pour les connaître davantage, savoir qui ils sont ?

En réalité, j’avais tort d’appréhender. Il y a eu des soirées où l’on ne m’a jamais posée cette question. Parfois même, j’ai discuté des heures avec une personne avant que l’on ne se quitte sans qu’elle ne connaisse mon prénom. C’est là que j’ai pris conscience d’une chose : il y a des gens qui s’en foutent royalement des autres ! Enfin, pas tout à fait, les autres sont quand même nécessaires : ça fait des paires d’oreilles pour les écouter et puis ça remplit la pièce, ça ferait vide sinon.

Finalement, même si la formulation peut agacer, les personnes qui posent LA question ont au moins le mérite de s’intéresser à leurs semblables. Elles sont juste victimes, comme beaucoup d’entre nous, de ces phrases tout faites, qu’on nous injecte dès la naissance et qui sortent de nos lèvres sans passer par la case cerveau.

Alors NON à cette question réductrice qui voudrait nous définir par notre métier mais OUI à une communication vraie entre les Hommes !

 

=> Et vous, vous ETES qui dans la vie ? Ecrivez dans les commentaires ci-dessous ce qui vous définit (réponses multiples et complexes acceptées !)

 

 

 

Recherches utilisées pour trouver cet articlecherico fataki a 1987 a fais quoi dans sa vue, rêves dans la vie, tu fais quoi dans la vie, tu fais quoi dans la vie artdeseduire