Alors je vous explique, je sors ce matin d’un rendez-vous chez Pôle emploi et pourtant d’un naturel plutôt optimiste d’habitude, là je me suis dit…. WOW, la France va mal !

 

Pourquoi j’étais chez Pôle emploi

Pour ceux qui ne connaissent pas mon histoire, j’ai décidé il y a quelque temps de quitter la rat race pour me lancer dans des projets qui me tiennent vraiment à cœur (voir mon article je ne veux pas travailler). On a qu’une vie après tout ! La première chose que j’ai faite, ça a été d’investir dans une formation et on m’a dit : « T’es folle ! En tant que demandeuse d’emploi, t’aurais pu te la faire financer ! ». Oui ok… mais non ! Parce que 1/ Je n’avais pas envie d’attendre en me tournant les pouces qu’on ne donne le GO pour commencer ma nouvelle vie. Bien oui, mon premier rendez vous avec ma conseillère Pôle emploi était presque un mois plus tard. Ajoutez à ça, au bas mot, un mois pour instruire le dossier de demande de formation et obtenir un retour … Bref, déjà au moins deux mois de perdus ! Puis 2/ Les chances pour que ma demande soit acceptée étaient proches de zéro car la formation était non diplômante (pas bien !) et surtout, trop « avant-gardiste » si j’ose dire, il s’agissait d’une formation spécifique sur le web. Je pense qu’il n’y aurait pas eu de case pour elle (peut être dans 20 ans…). Déjà, quand il a fallu trouver dans la liste mon ancien métier, pourtant assez commun, ça a été coton. « Je vous mets Responsable planning et gestion de production, ça vous va ?  « Bien, en fait, je n’intervenais pas du tout en production… » « On va mettre ça quand même hein ? C’est ce qui ressemble le plus… » « OK… ». Alors là, ma formation, je ne sais pas, avec un peu de chance, on aurait trouvé un truc sur le minitel !

Puis un jour, je tombe sur une plaquette de formation, complémentaire à celle que je fais, destinée aux professionnels et diplômante. Un excellent moyen de développer mes compétences et d’échanger avec d’autres personnes. Le problème : le coût ! J’ai déjà investi dans plusieurs formations et mon budget a des limites. Et là, j’écoute la petite voix qui me dit : « Attends, c’est une formation diplômante ! Tu es demandeuse d’emploi, tu peux peut-être te la faire financer ! ». J’aurais dû lui dire de la boucler, mais au lieu de ça, j’ai envoyé un mail à ma conseillère pour lui demander des informations, ça ne coûte rien me suis-je dit.

 

Comment Pôle emploi kiffe de te faire perdre ton temps

Quand tu poses une question à Pôle emploi, bêtement tu penses : j’envoie à mail avec ma question « Est-ce que cette formation peut être prise en charge ? » puis je reçois une réponse par mail « Oui/Non/Faut voir ».

En fait non, ce n’est pas comme ça que cela se passe. D’abord, tu écris un mail, jusque là tout va bien. Quelques jours plus tard, tu reçois un mail et tu te dis : « Cool, la réponse ! ».  En fait non, ce n’est pas si simple. C’est un mail qui te dit que tu as une réponse sur ton espace Pôle emploi. Euh, répondre directement dans le mail, c’était trop simple ? Mais bon, vu que je n’ai que ça à faire car je suis au chômage, je vais sur mon espace Pôle emploi. Je ne sais pas pourquoi, mais l’accès y semble plus sécurisé que celui ma banque. Par peur que quelqu’un te pirate ton compte pour aller faire les déclarations mensuelles à ta place ? Bref, l’identifiant ne peut pas être mémorisé par l’ordinateur. Donc comme à chaque fois, je perds cinq minutes à le retrouver. J’arrive ensuite sur la page suivante (non, pas la même ça ferait gagner du temps !) où l’on me demande mon mot de passe. Même principe, impossible de le pré-enregistrer. Faudrait pas trop faciliter la tâche de l’utilisateur tout de même ! Ah oui, aussi, on te demande ton code postal (wtf ?). Par chance, aujourd’hui ça fonctionne ! Je me retrouve donc sur mon espace personnel et, dans ses méandres, je retrouve enfin la réponse sous forme d’un courrier qui me propose…. un RENDEZ-VOUS !

Oh purée ! Dans quoi je me suis embarquée ? Je savais bien que je n’aurais jamais dû poser de question. Tu mets le doigt dans l’engrenage et là, il se fait happer, impossible de le retirer. A tous les coups, ça va faire comme la réunion à la couveuse d’entreprise, une matinée de perdue (ça, c’est une autre histoire) ! Pfff, mais l’expérience ne m’a donc rien appris … Je peste mais bon, comme je veux ma réponse, que c’est quand même une convocation (ça ne rigole pas chez Pôle emploi) et que j’ai que ça à faire vu que je suis au chômage, je note la date dans mon agenda.

 

Le rendez-vous

Le jour du rendez-vous arrive et je me dis que finalement c’est plutôt une bonne chose car en plus de ma question sur la formation, j’ai deux nouvelles questions (je vais grave mutualiser !) :

  • Pourquoi j’ai eu plus de 500€ d’allocations en moins ce mois-ci ? Je connais partiellement la réponse « Vous avez travaillé, Madame ». Oui c’est vrai, j’ai donné quelques heures de cours, ça va me rapporter environs 250€ et donc (disque rayé), pourquoi j’ai eu plus de 500€ d’allocations en moins ce mois-ci ?
  • On me propose de faire un peu de presta d’ici quelque mois. Je dois facturer. Quels sont les statuts d’entreprise compatibles avec le maintien, même partiel, des allocations ? En temps normal, j’aurais cherché sur internet mais vu que j’avais rendez-vous, autant prendre l’info à la source, me suis-je dit.

Voilà, donc quand j’arrive à Pôle emploi ce matin, je suis plutôt dans un bon état d’esprit et j’imagine que ce rendez-vous va être utile.

 

Pourquoi je gagne moins en travaillant ?

Dans le bureau de ma conseillère, je pose la question N°1, vous vous rappelez : « Pourquoi j’ai eu 500€ d’allocations en moins ce mois-ci ? » Réponse (prévisible) : « Vous avez travaillé ». Oui, et ça va me rapporter 250€ le mois prochain car je suis payée avec un mois de différé.  Donc, en travaillant, c’est 500€ de revenus en moins ce mois-ci, top !

Elle m’explique : « On va vous envoyer le complément quand vous enverrez vos documents justificatifs. » Bien sûr, ces documents ne sont pas encore en ma possession vu qu’ils me sont envoyés le mois d’après. Elle continue : « En fait, on envoie juste un acompte de l’allocation, c’est pour éviter le trop-perçu ! » OK je comprends, donc : Pôle Emploi te demande de déclarer combien de temps tu as travaillé et ton salaire, mais n’ira pas jusqu’à te croire et verser la bonne allocation sur la base de tes déclarations. Non, on préfère vérifier, Pinocchio, on te verse une partie et si tu as dit la vérité, vilain garnement, tu auras le reste des bonbons ! Voilà, donc, ce mois-ci, parque que j’ai donné quelques heures de cours, je fais la banque de Pôle Emploi. Un conseil mon gars : si tu n’as pas un sou d’avance, surtout ne prends pas de job, tu vas te retrouver dans la merde ! Belle incitation à la reprise de travail, wow, j’en suis bouche bée … Bon, magnanime, je me dis que c’est n’est qu’une question de temps avant que ma trésorerie ne revienne à son niveau normal, je pose ma deuxième question.

 

Quel statut pour créer en tant que demandeur d’emploi ?

Hop j’enchaîne, on ne va pas non plus s’éterniser, seconde question : « Quels sont les statuts d’entreprise possibles pour facturer un peu de presta sans perdre toutes mes allocations ? » Je pensais qu’ils auraient l’info, à la source, mais je vois dans les yeux de ma conseillère, quand je prononce les mots « statuts » et « entreprise », que non, en fait.  « Je n’en sais rien, me répond-elle honnêtement. Attendez, on va écrire un mail pour demander » Elle ouvre sa messagerie.

Attendez j'écris un mail

« Euh non, ce n’est pas grave, je regarderai sur Internet ! Ne vous inquiétez pas ! ». Elle referme le message et ajoute : « Sinon, il faudrait voir avec la CCI. Ils pourront vous conseiller.» Je pense : oui, oui, c’est ça… je demanderai plutôt à mon meilleur ami google, ça ira plus vite ! Bon, pas de réponse à cette question mais après tout, je n’étais pas là pour ça, passons à la question qui m’a valu ce rendez-vous.

 

Ma formation est-elle éligible à une prise en charge Pôle emploi ?

Elle est diplômante, elle est dispensée par une université, elle est locale, elle sent bon le sable chaud, ma formation… Mais pour la faire, il faudrait que je vende un rein.  Alors je tente de savoir si son coût peut être pris en charge par Pôle Emploi ? 

« Elle commence quand votre formation ?» me demande ma conseillère. « En janvier » je lui réponds. « Alors là, je ne peux pas vous répondre car on a pas encore les budgets pour l’année prochaine » m’annonce-t-elle. (L’année prochaine de dans deux mois ?! je pense) Je reprends mes esprits et précise : « Oui mais les inscriptions, c’est maintenant ! » « Oui, je comprends, mais on ne peut rien décider sans les directives de là-haut » (Dieu ? j’ironise en pensée). J’insiste : « On ne peut rien faire ? » « Vous avez un devis ? » me demande-t-elle. « Non, mais le prix est marqué sur la plaquette que je vous ai donné » je lui réponds. « Ça ne va pas suffire », me dit-elle, « ce qu’on va faire, c’est que vous allez me fournir deux devis, 1 lettre de motivation et si possible une étude de marché – c’est mieux pour appuyer votre demande – je mets votre dossier en attente et je vous recontacte dès que j’ai du nouveau ». Bien oui, bien sûr, vu que je suis au chômage, j’ai que ça à faire des mes journées de fournir de la paperasse sans doute pour rien… J’ai tourné sept fois ma langue dans ma bouche et j’ai quand même dit : « Ecoutez, je préfère consacrer mon temps à mon projet professionnel, ça ne vous dérange pas si je vous envoie les documents uniquement s’il y a une possibilité de financement ? » « D’accord » répond-elle, « dans ce cas, je vous tiens informée ». J’utilise un dernier sursaut d’énergie pour poser une dernière question : « Vous avez une idée de quand vous aurez des infos ? » Elle me répond : « Bien on ne sait pas trop avec les changements, La Grande Aquitaine… » Oh…my… god…!

Oh My God Pôle Emploi

Mais c’est quoi ce système de m…

Je clos rapidement la conversation. On a assez perdu de temps et même si je suis au chomdu, j’ai plein de trucs à faire, notamment je dois construire ma vie.

Ma conseillère me raccompagne, on se sert la main et je lis dit « Merci ». Elle me répond « Désolée… ». C’est une nana intelligente ma conseillère, elle sait aussi bien que moi que ce rendez-vous n’aura servi à rien et que nous avons, toutes les deux, perdu notre temps. Mon merci était sincère, elle a fait de son mieux pour répondre à mes questions, on ne lui a juste pas donné les moyens de fournir des réponses. J’ai perdu ma matinée et sur le chemin du retour, je ne peux m’empêcher de penser qu’elle, c’est sa vie qu’elle perd dans ce boulot sans sens (voir mon article sur les jobs à la con) ! Comment fait-elle pour tenir ? Quel genre de système sans qui ni tête fait lever des gens le matin pour rencontrer d’autre gens, qu’on a fait déplacer exprès, pour euh… RIEN ! Mais après tout, ça occupe et on n’a que ça à faire, non ? Ce n’est pas comme si on avait tous une vie à vivre …