L’homme qui rêvait d’apprendre la musique

Je voulais vous raconter une petite anecdote. Il y a quelque temps, je recevais chez moi un technicien pour un entretien de chaudière. On échange quelques banalités pendant qu’il vérifie ce qu’il a à vérifier, tout est ok, il remballe son matériel. Au moment de partir, il s’arrête net dans la véranda devant tous les instruments qui y sont entreposés. Il faut dire que notre véranda, c’est un peu la caverne d’Ali Baba. C’est notre pièce détente/discussion/lecture/musique (et souvent aussi apéro, il faut admettre). Bref, il y a des guitares, un piano, un djembé, j’en passe… Il me regarde et me demande : « Vous êtes musiciens ? » Je réponds : « On joue un peu ». Il prend alors un air pensif et murmure : « Je rêverai de faire de la musique… » Je demande : « Pourquoi vous n’en faites pas ? » Il me répond : « Je ne sais pas en faire. » J’insiste : « Pourquoi vous n’apprenez pas ? » Ok, je sais, je suis relou mais je déteste voir quelqu’un renoncer à ses rêves. Déstabilisé, il conclut : « Vous savez quel âge j’ai ma p’tite dame ? J’ai soixante ans ! Ce n’est pas à cet âge qu’on apprend la musique. ».   Je le raccompagne à la sortie, le remercie d’être venu, on se sert la main, et, dans un clin d’œil, j’ajoute : « Il n’est jamais trop tard pour apprendre… » 

 

On peut apprendre toute sa vie

J’aime à penser que ce monsieur s’est ensuite inscrit à un cours de musique et que ses premières notes lui ont donné des frissons. Mais qu’est ce qui a bien pu faire croire à cet homme qu’il y avait une limite d’âge pour apprendre ? Pourquoi renoncer à progresser ? Et surtout, pourquoi renoncer à son rêve ? 

Certaines personnes, une fois adultes, délaissent les apprentissages, comme s’ils étaient réservés au monde de l’enfance ou encore pire, au système scolaire. Or, notre cerveau a la capacité d’apprendre toute sa vie et de façon illimitée, pourquoi s’en priver ? Par ailleurs, nous avons la chance d’être dans un monde où nous pouvons accéder relativement facilement à l’information (livres, internet…). Nous avons donc la possibilité de nous former en dehors de tout système et de manière autonome.

Plus que l’accès à l’information ou les capacités du cerveau, ce sont, la plupart du temps, des fausses croyances qui empêchent de passer le pas pour commencer à acquérir une nouvelle compétence : doutes, manque de confiance en soir, peur de l’échec… Quel dommage de rester immobiles alors que nous sommes face à un océan de connaissances et que nous pourrions embarquer vers une infinité de nouvelles possibilités, voguer vers de grandes aventures.

 

A quoi ça sert d’apprendre quand on est vieux ?

Pour se rassurer, certains diront : « Mais à quoi ça sert d’apprendre ça, maintenant ? C’est trop tard, je suis bien trop vieux ! » Sous entendu, je vais bientôt mourir DONC je n’aurai jamais le retour sur investissement de mon apprentissage, de mes efforts. J’ai juste envie de répondre : Déjà, vous n’êtes pas encore mort ! Ou alors, si vous renoncez à tout, sous prétexte que vous allez peut-être bientôt mourir, alors, désolée, mais vous êtes déjà mort. Deuxièmement, vous aurez toujours un retour sur vos apprentissages. Il n’y a pas de palier minimum à atteindre. Chaque minute où vous apprenez quelque chose vous aura fait progresser, sur la technique certes mais aussi personnellement. Ça peut être en en terme de confiance en vous par exemple. Enfin, on n’apprend, non pas pour prouver quelque chose aux autres, on apprend pour soi et par plaisir. Il n’y a aucune raison de renoncer à tout ça, surtout quand on est à l’automne de sa vie.

 

Les atouts de notre cerveau d’ adulte pour apprendre

Bon, s’il vous faut encore encore une raison pour apprendre quelque soit votre âge, la voilà : il y a des avantages à apprendre adulte plutôt qu’enfant. On est souvent impressionné de voir à quel point les enfants apprennent vite et on se dit que nous, les adultes nous sommes définitivement bien lents. En réalité, le cerveau de l’adulte a ses atouts. Premièrement, atout de taille : son « historique ». Le cerveau de l’adulte va se servir des connaissances déjà acquises pour faciliter les nouveaux apprentissage en établissant des connexions. On sait par exemple qu’il est plus facile d’apprendre une seconde langue étrangère, qu’une première. En effet, face à un nouveau mot de vocabulaire, le cerveau va non seulement le comparer au vocabulaire de la langue maternelle mais aussi à celle de la première langue étrangère apprise, pour trouver d’éventuelles similitudes et faciliter la mémorisation. Le cerveau, efficient, utilise ce qu’il sait déjà pour accélérer les apprentissages et l’adulte a une base de données importante, de part le nombre d’années à accumuler des informations.

Enfin, également liée au temps, il y a l’expérience, ce que certains pourrait appeler la sagesse qui donne une dimension supplémentaire aux enseignement : celle du sens. Alors qu’enfant, on peut parfois apprendre sans bien savoir pourquoi, l’adulte qui se lance dans un apprentissage en connaît les raisons profondes. C’est ce sens qui est source d’intérêt, un des piliers fondamentaux de tout nouvel apprentissage. C’est aussi ce sens qui alimente la motivation et permettra de persévérer là où, plus jeune, on aurait pu baisser les bras.

 

Voilà, j’espère que cet article vous aura inspiré à vous lancer de nouveaux défis et à faire de votre vie un apprentissage permanent et une aventure extraordinaire !

Sur ce, je laisse le mot de la fin à notre ami Gandhi :

« Vis comme si tu devais mourir demain. Apprends comme si tu devais vivre toujours. »

 

=> Cet article vous a donné envie de (re)commencer l’apprentissage d’un sujet qui vous tient à cœur. Racontez-nous tout dans les commentaires ci-dessous !

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